Arquivo de 9 de Maio, 2004

diálogo imprevisto

Hoje à tarde, depois do ritual semanal de deixar o dízimo na Fnac, desci a Nova do Almada e, ao chegar ao carro, um turista espanhol pergunta:

– Barro Altio?

– Bairro Alto? Arriba!

– Tengo de andar mucho?

– No.

– Xabes onde fica um sítio onde poxo ter una vista de la ciudad?

– Jardim São Pedro de Alcântara. Se quiseres deixo-te lá!

– Muchas gracias.

No trajecto, a ouvir a TSF:

– Vengo de Caxilhas. O paxéo de barco és mui lindo!

– É! Do rio tens uma vista magnífica sobre a cidade!

– Está a jugar Benfica? Si ganha se va a Champions, no?

– É, mas eu sou do Sporting!

– (…)

– Lixboa é una ciudad mui romantica, mui linda. Conoces Madrid?

– Si, claro, e me gusta muchissimo.

– Ah! Se Madrid tienga um rio!!

– Olha, já chegamos!

– Asta luego!

Concluí o meu trajecto a ouvir os instantes finais dos jogos, à espera de um golinho da União de Leiria na Luz, mas as minhas preces foram em vão.

O espanhol deu galo!

Le Petit Prince – Antoine de Saint-Exupery

CHAPITRE VII

Le cinquième jour, toujours grâce au mouton, ce secrèt de la vie du petit prince me fut révélé.

Il me demanda avec brusquerie, sans préambule, comme le fruit d’un problème longtemps médité en silence:

-Un mouton, s’il mange les arbustes, il mange aussi les fleurs?

-Un mouton mange tout ce qu’il rencontre.

-Même les fleurs qui ont des épines?

-Oui. Même les fleurs qui ont des épines.

-Alors les épines, à quoi servent-elles?

Je ne le savais pas. J’étais alors très occupé à essayer de dévisser un boulon trop serré de mon moteur. J’étais très soucieux car ma panne commençait de m’apparaître comme très grave, et l’eau à boire qui s’épuisait me faisait craindre le pire.

-Les épines, à quoi servent-elles?

Le petit prince ne renonçait jamais à une question, une fois qu’il l’avait posée.

J’étais irrité par mon boulon et je répondis n’importe quoi:

-Les épines, ça ne sert à rien, c’est de la pure méchanceté de la part des fleurs!

-Oh!

Mais après un silence il me lança, avec une sorte de rancune:

-Je ne te crois pas! les fleures sont faibles. Elles sont naives. Elles se rassurent comme elles peuvent. Elles se croient terribles avec leurs épines…

Je ne répondis rien. A cet instant-là je me disais: “Si ce boulon résiste encore, je le ferai sauter d’un coup de marteau.” Le petit prince dérangea de nouveau mes reflexions:

-Et tu crois, toi, que les fleurs…

-Mais non! Mais non! Je ne crois rien! J’ai répondu n’importe quoi. Je m’occupe, moi, des choses sérieuses!

Il me regarda stupéfiait.

-De choses sérieuses!

Il me voyait, mon marteau à la main, et les doigts noirs de cambouis, penché sur un objet qui lui semblait très laid.

-Tu parles comme les grandes personnes!

Ca me fit un peu honte. Mais, impitoyable, il ajouta:

-Tu confonds tout… tu mélanges tout!

Il était vraiment très irrité. Il secouait au vent des cheveux tout dorés:

-Je connais une planète où il y a un Monsieur cramoisi. Il n’a jamais respiré une fleur.

Il n’a jamais regardé une étoile. Il n’a jamais aimé personne.

Il n’a jamais rien fait d’autre que des additions.

Et toute la journée il répète comme toi: “Je suis un homme sérieux! Je suis un homme sérieux!” et ça le fait gonfler d’orgueil.

Mais ce n’est pas un homme, c’est un champignon!

-Un quoi?

-Un champignon!

Le petit prince était maintenant tout pâle de colère.

-Il y a des millions d’années que les fleures fabriquent des épines.

Il y a des millions d’années que les moutons mangent quand même les fleurs.

Et ce n’est pas sérieux de chercher à comprendre pourquoi elles se donnent tant de mal pour se fabriquer des épines qui ne servent jamais à rien?

Ce n’est pas important la guerre des moutons et des fleurs? Ce n’est pas sérieux et plus important que les additions d’un gros Monsieur rouge?

Et si je connais, moi, une fleur unique au monde, qui n’existe nulle part, sauf dans ma planète, et qu’un petit mouton peut anéantir d’un seul coup, comme ça, un matin, sans se rendre compte de ce qu’il fait, ce n’est pas important ça?

Il rougit, puis reprit:

-Si quelqu’un aime une fleure qui n’existe qu’à un exemplaire dans les millions d’étoiles, ça suffit pour qu’il soit heureux quand il les regarde.

Il se dit: “Ma fleur est là quelque part…” Mais si le mouton mange la fleur, c’est pour lui comme si, brusquement, toutes les étoiles s’éteignaient!

Et ce n’est pas important ça!

Il ne put rien dire de plus. Il éclata brusquement en sanglots. la nuit était tombée.

J’avais lâché mes outils. Je me moquais bien de mon marteau, de mon boulon, de la soif et de la mort.

Il y avait sur une étoile, une planète, la mienne, la Terre, un petit prince à consoler!

Je le pris dans les bras. Je le berçai. Je lui disais: “La fleur que tu aimes n’est pas en danger… Je lui dessinerai une muselière, à ton mouton… Je te dessinerais une armure pour ta fleur… Je…” Je ne savais pas trop quoi dire.

Je me sentais très maladroit. Je ne savais comment l’atteindre, où le rejoindre… C’est tellement mystérieux, le pays des larmes.

mais do que um sonho: comoção!

sinto-me tonto, enternecido,

quando, de noite, as minhas mãos

são o teu único vestido.

e recompões com essa veste,

que eu, sem saber, tinha tecido,

todo o pudor que desfizeste

como uma teia sem sentido;

todo o pudor que desfizeste

a meu pedido.

mas nesse manto que desfias,

e que depois voltas a pôr,

eu reconheço os melhores dias

do nosso amor.

David Mourão-Ferreira

mais do que um sonho: comoção!

sinto-me tonto, enternecido,

quando, de noite, as minhas mãos

são o teu único vestido.

e recompões com essa veste,

que eu, sem saber, tinha tecido,

todo o pudor que desfizeste

como uma teia sem sentido;

todo o pudor que desfizeste

a meu pedido.

mas nesse manto que desfias,

e que depois voltas a pôr,

eu reconheço os melhores dias

do nosso amor.

David Mourão-Ferreira

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